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Courrier interlangue n°2

Communication des IA IPR de langues de l'académie de Lille

Courrier interlangue n°2

Chères et chers collègues,

Nous espérons que vous allez bien et que les vacances ont été l'occasion de vous reposer et de consacrer du temps à vos proches. Nous revenons vers vous pour un bilan des défis qu’il vous a fallu relever pendant ces six semaines de confinement. Nous savons à quel point vous avez été mobilisés pour les élèves durant cette première période de confinement, pour maintenir a minima un dialogue et inventer les moyens de pouvoir assurer la consolidation des connaissances et compétences de vos élèves ainsi que la continuité de l’acte d’apprentissage, dans un contexte complexe, inédit et inattendu. Grâce à l’engagement de chacun, qui à aucun moment n’a faibli durant les quatre semaines de cours avant les vacances, nos élèves et leurs familles se sont sentis accompagnés et soutenus. Vous avez réussi à préserver le lien, et à continuer d’accompagner l’apprentissage des élèves, en dépensant votre énergie sans compter. Ce n’était pas facile, mais vous avez réussi, et vous pouvez être fiers de ce que vous avez accompli. Votre action a permis à tous de continuer à garder un rythme et de pouvoir tenir, dans une période anxiogène. A toutes et tous, nous adressons nos remerciements les plus chaleureux.

Ce retour des vacances de printemps s’inscrit dans la reprise de l’enseignement à distance et ce pour une période minimale de trois semaines. La reprise progressive de l’école a été annoncée à partir du 18 mai pour les collèges et lycées, et ses modalités nous en seront précisées dans les jours à venir. Nous savons que cette reprise prendra en compte deux priorités : la priorité sanitaire d’une part et la priorité sociale, d’autre part. Cette reprise aura vocation à accompagner au plus près les élèves qui ont le plus besoin de l’école pour apprendre, afin de les remettre dans une dynamique d’apprentissage qui leur permette de progresser, avant la nouvelle pause de l’été. Il nous faudra réfléchir aux modalités d’accompagnement à mettre en œuvre en fonction des précisions qui nous seront données sur le déroulé du déconfinement pour l’école. Nous serons à vos côtés pour vous accompagner pour ce faire.

Pour des raisons évidentes de praticité, de disponibilité de matériel et d’éloignement des outils technologiques pour de nombreux élèves, une grande partie de la continuité pédagogique a été menée par le biais d’activités écrites, parfois au service de la vérification de la compréhension. Outre la multiplicité des documents échangés et la question des consignes, diversement comprises, c’est le temps passé et l’énergie considérables liés au suivi et aux corrections qui ressortent de vos témoignages. Ceux-ci attestent également de la difficulté d’instaurer des activités reposant sur l’interaction. Aussi, nous souhaiterions, à travers ce courrier, contribuer à cet objectif en nous appuyant tant sur vos retours d’expérience que sur des propositions d’activités ou encore l’utilisation de certains outils.

L’interaction nécessite l’instauration d’une dynamique difficile à recréer dans ces temps de confinement. Toutefois, si rompre l’isolement constitue parfois un défi, il est possible, à travers différentes activités, de créer les conditions propices au maintien d’un contact et d’échanger en langue étrangère.

Quels sont les outils dont nous disposons ?

Nous vous encourageons à ne pas utiliser de solutions privées non conformes aux usages professionnels et au RGPD. Nous vous renvoyons vers les documents du ministère (en annexe de ce courrier) et vous invitons à la plus grande vigilance.

Quelles activités pour favoriser l’interaction ?

Pour créer les conditions de l’interaction en langue vivante il est possible par exemple de favoriser les groupes réduits et des sessions de courte durée. Toutefois, tout dépendra de la nature de l’activité et de l’objectif que vous vous fixez. Si le but est de rassembler un nombre important d’élèves pour leur donner des informations, pour le plaisir de ‘se voir’, le RDV peut être donné à un groupe conséquent. Il est possible d’imaginer ensuite que des groupes plus réduits d’élèves travaillent toujours en visioconférence mais en dehors de la présence directe du professeur exactement comme lorsque celui-ci propose à la classe de travailler en îlots. Voici le lien vers le parcours en auto-formation intitulé "Ma classe à la maison - Assurer la continuité pédagogique" dans lequel on trouve une présentation de la classe virtuelle du CNED, qui permet une mise en ateliers et en petits groupes :

https://magistere.education.fr/dgesco/course/view.php?id=1999

Chacune des activités peut être déclinée en contexte de connexion ou en contexte d’impossibilité de connexion pour l’élève. Bien entendu, cette dernière configuration inscrit l’interaction dans une durée plus longue – celle des échanges postaux- et donne une place plus grande à la réception et à la production écrite. Par ailleurs, sans connexion, les élèves dont la famille dispose d’un téléphone portable peuvent maintenir ponctuellement le lien par des appels entre élèves et peuvent également enregistrer des productions sur dictaphone.

Quelques exemples :

Collaborer pour compléter une information : Une partie de la classe dispose d'une première moitié d'un texte, l’autre partie de la seconde moitié du texte.

  • Premier temps : chaque élève lit individuellement sa partie afin de se l’approprier.
  • Deuxième temps : les élèves mettent en commun avec un ou deux camarades qui ont travaillé sur le même document. On résout ensemble ce qui a fait obstacle à la compréhension, et on se met d’accord sur ce qu’il est important de retirer de ce texte, et sur la façon dont on va rendre compte de ses hypothèses de lecture à quelqu’un qui ne l’a pas lu (question de la médiation – qu’est-ce qui va poser problème à l’autre ? Comment vais-je lui expliquer ?)
  • Troisième temps : on regroupe un élève qui a le début du texte, et un élève qui a la fin. Chacun rend compte à l’autre de sa partie, puis, ensemble, ils trouvent par exemple un titre à donner à l’ensemble. Il faudra ensuite qu’ils proposent leur titre et le justifient à l’ensemble du groupe, en mettant en valeur le lien entre leur titre et le sens du texte. A distance, le professeur devra gérer la création de groupes sur l’application de classe virtuelle choisie.

Sur l’idée du même texte coupé en deux, les élèves peuvent aussi poser des questions à l’autre groupe pour pouvoir imaginer la suite où dire ce qui se passe. Cette activité peut être réalisée avec deux affiches sur le même sujet. On peut prendre par exemple deux affiches de propagande ou deux affiches sur la feria del libro en espagnol.

Concours de lecture à voix haute : choisir un beau texte parmi ceux déjà étudiés en classe, ou en proposer de nouveaux – dans ce cas, il faudra passer par une phase d’accès à la compréhension.

  • Passer par une phase d’entraînement qui peut être individuelle (avec la voix synthétique du site : https://www.naturalreaders.com/online/ )
  • Les critères pourraient être : « Articulation correcte, fluidité de la lecture, vitesse de lecture appropriée, respect de la ponctuation et du rythme de la phrase, respiration, placement de la voix, puissance sonore adaptée, posture corporelle (debout ou bien gestion du corps pour faire vivre le texte sans pour autant le jouer debout, absence de gestes pour ne pas jouer le texte), capacité à détacher les yeux du texte et à établir un contact visuel avec l'auditoire, intonations, modulations, accentuations, variations du rythme pour donner sens au texte lu, expressivité, capacité à transmettre des émotions » copié-collé des critères du concours de lecture à voix haute de la Grande Librairie, https://www.lumni.fr/dossier/la-grande-librairie-concours-de-lecture-a-voix-haute
  • On pourrait aussi, pour générer de l’interaction, proposer des extraits de pièces ou dialogues à bien jouer.

Concours de contes pour petits et grands : les élèves, par groupes de 2 ou de 4 maximum imaginent un conte dans le but de sensibiliser à une cause. On peut, pour compliquer l'exercice, imposer l'inclusion de 3 ou 4 situations ou objets sous forme d'images. Le travail d’écriture, la phase d’animation et de mise en voix donneront l’occasion de construire un projet complet mené à distance mais en collaboration et en interaction (choix de la cause à défendre, état initial → force perturbatrice → déséquilibre → action réparatrice → état final.) Bien entendu, l’étude préalable d’un conte sera nécessaire afin de rappeler aux élèves les principaux codes qui régissent ce genre littéraire. L’interaction se fera au sein des groupes d’auteurs.

Cadavres exquis : à partir d’un poème ou d’un corpus de poèmes composer un cadavre exquis. Chaque élève propose un vers supplémentaire en tenant compte de ce qui a été dit précédemment.  Ce jeu littéraire peut être réalisé à partir d’un dialogue théâtral. Le recours à un mur collaboratif permettra de partager à distance l’expérience collaborative.

Coups de cœur culture : le professeur prépare un corpus de poèmes, tableaux, lieux à visiter, chansons, mini-récits. Les élèves, individuellement ou par deux présentent au groupe leur coup de cœur. Le choix du coup de cœur implique que les élèves prennent connaissance de l’ensemble du corpus. S’ils ont le même coup de cœur, ils se mettent d’accord sur ce qui leur a plu et expliquent pourquoi. Ils synthétisent leurs commentaires et préparent une présentation pour le groupe.

Dans le cadre d’une activité de révision de vocabulaire, de grammaire, d’un document déjà vu, d’une thématique déjà abordée, l’enseignant prépare plusieurs exercices, de difficultés croissantes. Le but n’est pas de tous les faire, mais de les faire dans l’ordre. Chacun en fera autant qu’il le pourra, en fonction des compétences qu’il aura pu acquérir. Cette activité permet ainsi de pratiquer une forme de différenciation, et à chacun de revenir sur des éléments déjà étudiés, les réactiver pour favoriser leur mémorisation, et consolider les compétences travaillées.

Les élèves se lancent dans le premier exercice. Dès qu’ils ont fini le premier, ils se signalent et vont rejoindre un autre élève, qui a également terminé. Ensemble, ils font le point et échangent pour comparer leurs réponses et se mettre d’accord (médiation). Le cas échéant, ils peuvent solliciter de l’aide. Cela peut être dans le cadre de la classe virtuelle, une question posée en langue cible sur le chat de la classe virtuelle. Quand tous les points souhaités ont été abordés, ils repartent chacun de leur côté pour réaliser l’exercice suivant. Et ainsi de suite. Il n’y a pas de correction collective. Le professeur est là pour accompagner, aider quand c’est nécessaire, …

Revue de presse : le professeur constitue un dossier à partir d’une recherche documentaire sur un sujet donné (proscrire le covid19 afin d’ouvrir notre horizon si confiné…) et sur la base d’un thème du programme. La longueur des articles et leur difficulté sera fonction du niveau de la classe. Les élèves sont répartis par groupes et chaque groupe travaille sur un sujet différent. Les élèves ont un temps d’appropriation des documents. Par groupe, ils se répartissent les articles de leur dossier. Ils en rendent compte au sein du groupe (médiation).  La règle est que chaque membre du groupe réagisse, soit en prenant en charge le compte rendu de l’information, soit en commentant un aspect de l’information, soit en posant une question qui peut être une demande de précision ou une question ouverte. Les membres du même groupe, informés par leurs camarades du contenu des articles du dossier, se mettent d’accord pour élaborer la revue de presse : présenter le sujet, montrer comment ce sujet est traité dans les différents documents. Les élèves qui présentent leur sujet doivent garder à l’esprit le fait que les autres groupes n’ont pas connaissance de leur sujet. Ils devront donc penser l’acte de médiation et concevoir leur communication dans le but de faciliter la compréhension de notions clés par la traduction de certains mots, en illustrant de façon opportune leurs propos par un document iconographique par exemple. Ils joueront ainsi le rôle de médiateurs. Il va de soi que les sujets choisis par le professeur et pour chaque groupe sont connexes et ont un lien avec l’axe du programme ou la notion ce qui inscrira les échanges dans un champ lexical à la fois riche mais relativement circonscrit.

S’entraîner à produire et à enrichir sa production avec un mur collaboratif :

Avant la classe virtuelle : les élèves doivent prendre connaissance d’un document (par exemple, regarder tout ou partie d’un épisode d’une série). Ils doivent répondre à une consigne au sujet de ce document (consigne qui dépend évidemment de la classe et du document : s’ils ont aimé ou pas et pourquoi, les thèmes abordés, une scène qui les a marqués et pourquoi, ce qu’ils ont appris) sur un mur collaboratif à l’écrit. Tout le monde voit les productions de tout le monde.

Pendant la classe virtuelle : le professeur peut commencer par un débriefing global de ce qui a été fait – il adapte forcément son discours en fonction de ce que les élèves auront fait, le cas échéant revient sur certains aspects, complète, explique…

Ensuite, par groupe de deux ou trois, les élèves reprennent ce qui est dit sur le mur, et en présentent une synthèse (pour le professeur, l’interaction se fera au sein des groupes de travail), sous la forme qu’ils veulent : par écrit, sous la forme d’un texte, d’une carte mentale, d’une bande dessinée. A l’oral, chaque membre du groupe doit prendre la parole et s’enregistrer.

Variante : rédiger une critique de livres, de films, par groupe de deux puis utiliser un mur collaboratif pour partager.

Simulation globale : à partir d’un visuel ou d’un début d’histoire, le groupe est invité à construire une histoire et à enrichir le monde de cette histoire, si possible dans un lieu clos (une île, une ville, pour éviter les dispersions). Il y a ainsi 2 dimensions possibles d’enrichissement : 1) la dimension narrative, avec l’avancée de l’histoire, mais aussi 2) la caractérisation des lieux, des personnages. On peut ainsi enrichir un personnage en lui créant toute une histoire personnelle, un peu à la manière des scénaristes qui inventent un personnage et lui donnent du corps.

Cette activité peut être compartimentée pour donner du travail à des binômes : chaque binôme s’occupe d’un personnage à caractériser, d’un lieu, d’une partie narrative. L’histoire peut se dérouler, comme pour un conte, avec des étapes imposées (« un jour… »)

Nous vous remercions à nouveau pour votre engagement et vous encourageons à veiller sur votre santé et celle de vos proches. 

 

Les IA IPR de langues vivantes de l’académie de Lille.

 

         

Consulter / télécharger le courrier interlangues n°2 au format pdf .....

Annexe 1 : lettre de Madame la Rectrice du 10 avril 2020, Covid-19 - Concilier protection des données personnelles et continuité pédagogique

Annexes 2 et 3 : fiches d'utilisation des outils numériques pendant la période de confinement (Ministère de l'EN, mars 2020)

 

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